Il était une fois dans... Non, non, je ne commencerai pas par cette sempiternelle phrase, usée par maints conteurs car, l'histoire que je vais vous narrez est bien réelle.
C'est par un beau matin de septembre, que le Chevalier Blanc doit se rendre bien au-delà des monts et des vallées, dans une contrée lointaine en pays inconnu !
L'aube naissante irisait le ciel de lueurs rosées. Le Chevalier Blanc monta sur son beau destrier et l'éperonna pour donner le signe du départ.
Qu'allait-il trouver là-bas en ces terres étrangères ? Quelle quête le menait sur ces sentiers déserts ?
Il chevaucha des heures durant, admirant les bosquets de fleurs et les tours des cathédrales des villes qu'il traversait pour y faire halte et abreuver sa monture.
Aux premières heures de l'après midi, après avoir parcourus des lieues et des lieues, emprunté forêts et chemins, bien au-delà des montagnes de France lui apparue tel un mirage surgit de nulle part, une vision d'un autre monde, d'un autre temps.
Là devant lui s'ouvrait comme un livre, les plaines du pays du chocolat ! Il n'en croyait pas ses yeux et dû les ouvrir plus grands pour constater que ce qu'il voyait n'était pas illusion mais bien réel ! Bien sûr, on lui avait parlé de ce pays magnifique, on lui avait dit que tout était fait de chocolat, mais aujourd'hui, il en avait la preuve et le c½ur rempli d'allégresse il ne ménagea plus sa monture pour arriver plus vite encore s'il était possible au centre de la grande ville.
A peine eut-il franchi les remparts qu'il alla de surprises en surprises. Toutes les maisons de chocolat étaient faites !
Les arbres aussi sont en chocolat se dit-il, les fleurs sont en chocolat, les oiseaux ont la couleur du chocolat, mais comment est-ce possible ?
Il continua sa route car il avait rendez-vous avec un ami lutin près du palais royal. Fort heureusement pour lui, le lutin l'attendait.
Les deux amis se congratulèrent et étaient heureux de se retrouver enfin. Le chevalier ni tenant plus demanda alors :
Mais dis-moi lutin mon ami, est-ce que je rêve ou tout est en chocolat dans ce pays ?
Non mon ami tu ne rêves pas, tout est en chocolat, regarde ! A ce moment là, le lutin cassa une branche d'un arbre et la lui tendit, Tiens goûte !
Le Chevalier prit cette « branche » et croqua dedans pour la déguster. Une sensation de plaisir envahit tout son être car il mangeait du chocolat praliné ! Merveille des merveilles, ainsi tous les habitants de ce pays pouvaient à loisir déguster du chocolat quand ils le désiraient. Le lutin le mena près de la façade d'une grande maison et lui dit : prend un morceau de ce mur. Le Chevalier s'exécuta et cassa un morceau de l'édifice et le porta à sa bouche... du chocolat. A peine eut-il terminé de le manger qu'il regarda le trou qu'il avait fait, mais de trou il n'y avait plus, le mur semblait comme neuf.
Fort de cette nouvelle expérience, le chevalier se promit que dès son retour il parlerait de cet évènement peut commun.
Mais, le chocolat n'était pas le but premier du voyage du Chevalier Blanc, pas plus que la dégustation des murs ou des arbres même si cela était bien agréable.
Aussi, à la nuit tombée, il demanda au lutin de le conduire à l'endroit tant espéré. Le grand destrier piaffait d'impatience dans son écurie et c'est avec bonheur qu'il se mit à courir à travers la ville portant sur son dos le Chevalier et le lutin. Le voyage ne dura pas très longtemps, peut-être 20 minutes, mais cela parut une éternité au Chevalier car il n'en pouvait plus d'attendre.
Arrivée sur place, les deux hommes descendirent de leur monture et s'avancèrent sur une grande esplanade puis pénétrèrent à l'intérieur d'une sorte de grand hangar. Là, le lutin dit : attends moi ici je vais me renseigner pour savoir quand doit se poser le grand oiseau.
La réponse ne tarda pas, l'oiseau serait en retard. Fou d'impatience et d'angoisse le Chevalier restait là, comme figé, tétanisé par ce retard, par Son retard...
Dieu que le temps est long quand on attend, immobile, impassible aux regards des autres, à attendre, à l'attendre, à T'attendre...
La princesse, après des mois et des mois de correspondances secrètes avec les elfes immortels, les plus sages et les plus respectables de tous les êtres, finit par enfin échapper aux Selgules, spectres ni vivants ni morts, esclaves de la volonté de son père mais surtout du sorcier destin. Sentinelles impassibles devant les portes de sa prison d'ivoire, ils l'empêchaient de franchir ses remparts.
Cette nuit là, la peur au ventre, serrant les poings, devant ses geôliers ; elle prononça des mots jamais prononcés en ces lieux « Yama presta, yama fontonen, yama inakhay » cette formule elfique était sensée rendre les Selgules aveugles...N'en croyant pas ses yeux lorsqu'elle parvint à franchir le poste de garde sans être vue, elle courue sans se retourner à l'endroit où devait l'attendre l'oiseau de fer. « Vole, vole oiseau de fer ; vole oiseau de liberté ; vole oiseau qui m'emmènera à mon bien aimé » se disait-elle en s'agrippant de toutes ses forces à l'oiseau qui prenait son envole.
Une heure plus tard, le Chevalier Blanc n'en crut pas ses yeux, un grand oiseau de fer venait de se poser pour lui, devant lui, Sa Princesse venue du pays des milles et une nuit.
Dieu qu'elle est belle, son sourire est un bouquet de roses, son teint celui du soleil et sa peau celle d'un pêcher qui appelle au péché !
Dieu qu'il est grand, son regard l'enveloppait déjà de son amour, ses épaules larges ne demandaient qu'à l'engloutir et ses bras l'appeler du langage de l'impatience.
Elle se jeta dans ses bras heureuse et apaisée, le regarda dans les yeux, mais la pudeur l'obligea à vite regarder ailleurs. Le baiser qu'elle voulue lui donner sur la bouche finit par atterrir sur le coin de ses lèvres.
Il faut dire que sa Princesse est venue le rejoindre au pays du chocolat en pleine nuit car, fille du grand sultan Ottoman, elle ne peut quitter sa tour d'ivoire et reste prisonnière de son père. Grâce au grand oiseau de fer, elle a pu s'enfuir pour rejoindre son Chevalier Blanc et personne ne sait qu'à ce même instant elle n'est plus dans son lit mais dans les bras de son aimé !
Ah oiseau de fer, oiseau complice, merci, merci de me l'avoir amené !
Puis, comme des enfants heureux d'être ensemble et en compagnie de leur ami le lutin, ils s'en allèrent gaiement visiter la ville du chocolat. Le lutin coquin et espiègle leur montra, caché dans un coin, un joli petit chérubin qui faisait pipi du chocolat, puis une grande place où tout n'était que sculpture de chocolat.
Dieu que le temps est beau, Dieu que nous sommes bien ensemble ma Princesse et moi.
Dieu que le ciel est bleu, dieu que je l'aime mon chevalier à l'armure d'argent.
Doucement, tout doucement nous sommes allés tout visiter, tout voir, tout goûter pour qu'ainsi ces moments de bonheur restent gravés dans nos c½urs. Nous sommes entrés en des lieux Saints pour témoigner de notre amour à la flamme de notre autel.
Nous avons ris, nous étions heureux. La fraicheur du soir tombait sur ses épaules qu'elles a si belles, je lui ai offert mon manteau pour qu'elle ait plus chaud.
Nous avons parcourus les ruelles odorantes, bus au même verre et couchés nos rêves au même lit. Je me suis nourri à sa bouche qu'elle a si douce, j'ai au petit matin prié pour qu'elle reste encore et encore, encore et toujours...
Malheureusement, il fallait qu'elle s'en retourne avant qu'on apprenne sa disparition, alors, au petit matin je l'ai raccompagné près de l'immense terrain au dehors de la ville, je l'ai tenu dans mes bras, je ne voulais plus la lâcher. J'ai posé ma bouche à sa bouche, serré mon c½ur sur son c½ur, posé ma tête à son cou pour m'imprégner de son odeur, pour lui murmurer les mots d'amour les plus fous, pour...
Je l'ai regardé dans les yeux, j'ai contemplé son visage, me suis imprégnée de son parfum, et mon c½ur sur le sien lui disait garde moi au près de toi, fuyons loin très loin, là où ni mon père le sultan ni le sorcier destin ne pourront nous atteindre...
Le grand oiseau de fer n'attend pas... Elle est partie me laissant seul à mon désarroi. J'ai pleuré, pleuré dans les bras de mon ami le lutin.
...Il est resté derrière moi. La poitrine en feu j'avançais vers cet oiseau de fer qui devait me ramener dans ma prison.
Ah oiseau de fer, oiseau de malheur, pourquoi m'éloignes-tu de mon bien aimé ?
Ah oiseau de fer, oiseau de supplice, pourquoi me l'as-tu enlevé ?
Là-bas au pays des milles et une nuit tu es retournée, moi, je suis remonté sur mon grand destrier et je l'ai cravaché pour quitter le pays du chocolat. Pays d'amour et de déchirure.
Je t'ai enchainé ma Princesse et tu m'as envouté... Aujourd'hui, je guette tout un long jour la nuit qui me ramène enfin le sommeil, le rêve et ses merveilles où je te rejoins et où ma bouche cherche ta bouche !
Je t'ai envouté mon chevalier et tu m'as enchainé...Aujourd'hui, je vis dans le souvenir de tes baisers, de tes caresses le jour et dans mon bois enchanté le soir je te retrouve !
Que dire qui ne l'aurait pas encore été ?
Juste une chose peut-être pour le lecteur qui n'en serait pas avisé, aussi, telle une déclaration d'amour qui n'en serait pas une, je terminerai non pas par : ils se marièrent et eurent...
Non, non, la fin n'existe pas aussi, je ne dirai qu'une chose :
JE T'AIME MA PRINCESSE, MON AMOUR
Ton Chevalier Blanc
J'ajouterai :
JE T'AIME MON CHEVALIER A L'ARMURE D'ARGENT, MON AMOUR, MON BIEN AIMÉ
Ta princesse Ottomane